30 juin 2009
hibernation d'été
Depuis trois ans, j'ai pris l'habitude de foirer mes étés. C'est ainsi. Et celui qui s'annonce semble bien parti pour s'inscrire en lettres d'or dans cette tradition.
Ceci étant dit, je souhaite d'excellentes vacances à ceux qui partent, du courage à ceux qui restent, et, à tous, la perspective de dévorer quelques bons livres les doigts de pied en éventail au bord d'une piscine...
On se retrouve à la rentrée,
C.L.
27 juin 2009
Pot pas pourri
Hier, anniversaire Bifrost/ActuSF...
Veni, vidi quatre pintes, vici les amis.
C'était sympa.
21 juin 2009
Séries du moment (à mon goût à moi qui est le mien)
MAD MEN
Imaginez un peu ça : un monde d’hommes, des vrais, qui fument, boivent, ont des mâchoires carrées et considèrent les femmes (leurs subalternes) comme de pauvres petites choses vulnérables, des espèces de lémuriens arboricoles perdus au pays des dinosaures géants… Ils ont tout pour être heureux, nos maîtres du monde. Ils ont contribué au « baby-boom » post-seconde guerre mondiale. La société de consommation prend son essor. Le génie magique de la télécommande leur permet d’ouvrir à distance la porte du garage. Et pourtant, le malaise est là, grandissant.
Rien n’est dit, tout est suggéré ; ça avance à deux à l’heure. Et c’est passionnant.
A noter, le superbe générique, sorte de croisement entre le « Vertigo » made in Saul Bass et le plus récent « Catch me if you can »…
BREAKING BAD
Il y a des séries où la mayonnaise pue dès la saison 2 (« Heroes », pour n’en citer qu’une) et d’autres qui prennent leur vitesse de croisière, voire atteignent des sommets (« Dexter »). BB fait partie de cette seconde catégorie. Les personnages sont de plus en plus attachants. Ils ont le chic pour s’enferrer dans situations de plus en plus inextricables (l’épisode de la panne de batterie en plein désert est un monument du genre). L’autre nuit, j’ai fait un rêve horrible : TF1 envisageait un remake, à la française, avec Pierre-Loup Rajot dans le rôle du père de famille et Julien Doré dans celui du petit jeune. Dieu merci, ce n’était qu’un cauchemar…
LIE TO ME
Le principe est marrant : votre corps parle pour vous ; votre visage aussi. Le héros – anthropologue armé d’une grille de lecture apparemment infaillible glanée aux quatre coins du monde – aide les enquêteurs qui ont des doutes sur l’efficacité de leur détecteur de mensonges. Il sait si les gens racontent des bobards… mais il y ignore leurs motivations, et c’est là que ça devient intéressant : fausse piste 1, fausse piste 2 (coupure pub), fausse piste 3 qui n’en n’est pas une avec retour sur la fausse piste 1 qui finalement dénoue tout. Les intrigues sont bien ficelées, à la « House » (cheminement délicieusement tortueux dans les deux cas, même si le présent personnage principal, le charismatique Tim Roth, n’a pas encore la dimension d’un Hugh Laurie). Les seconds rôles sont bons, notamment un assistant qui dit toujours TOUT ce qu’il pense. Trois épisodes visionnés. Je ne sais pas si ça tiendra la route au bout du compte, mais so far so good.
Et puis TRUE BLOOD est de retour, joie et bonheur dans mon cœur…
En projet...
Une série de novélisations pour Bayard, d'après un dessin-animé diffusé sur M6 et Télétoon. Le héros est bondissant, comme il se doit, à l'image du Bébel des sixties, période De Broca, et il y a moult duels et poursuites à retranscrire par écrit, ce qui est toujours amusant...
Je vous en reparlerai...
C'est bon de rire, parfois...
20 juin 2009
Me, myself, etc.
En ligne depuis quelques jours, sur le site « Plume Libre », un « Dossier Lambert » puisqu’il faut bien l’appeler ainsi, comprenant des chroniques, une interview datant des dernières Utopiales et des liens (dont mon court-métrage, « Les rues mortes », péché de jeunesse remontant à – iiiirrk – 1992, étrangement réservé aux adultes sur DailyMotion alors qu’il était passé sans le « carré blanc » d’usage en son temps, sur Arte… Mystères).
http://www.plume-libre.com/index.php?option=com_content&task=view&id=775&Itemid=96
Bref, merci à l’équipe de « Plume Libre » pour cette initiative.
A part ça, je suis plongé dans mes relectures : post-corrections éditeur pour le projet « Las Vegas Mytho », pré-corrections éditeur pour le projet « Boadicée ». Dans les deux cas, il s’agit de titres de travail (« Pas mieux », pour l’instant, comme ils disent dans « Des chiffres et des lettres »). Je compte sur Bénédicte L. et Xavier M. pour m’aider sur la question du titre… et sur le reste !
A part à part ça, j’espère bien me rendre au pot Bifrost-Actu SF vendredi prochain, si j’arrive à résoudre quelques menus problèmes de baby sitting (si tu es blonde, si tu aimes lire des histoires à des fillettes de neuf ans et donner à manger à des souris, ou l’inverse, contacte-moi par mail). J’espère croiser là-bas tous mes amis auteurs et éditeurs qui habitent la capitale, sa proche et moyenne banlieue, voire même encore plus loin, du côté de Fontainebleau…
12 juin 2009
Extrait
Avant de me lancer dans un roman, je m'amuse parfois à imaginer mon héros chez le psy. Où en est-il, dans sa tête, lorsque l'aventure commence ? Evidemment, la chose est plus aisée avec un personnage humain et (plus ou moins) contemporain qu'avec un troll des collines ou un extra-terrestre protoplasmique de la planète Xombul. Pour une fois, ce petit exercice mental n'a pas été coupé au montage et devrait ouvrir le chapitre 1 de la trilogie "Black cristal" (titre de travail) co-écrite avec Stéphane Descornes.
Petit extrait :
– Entrez, jeune homme.
Mark Finn, dix neuf ans, s’exécute, sur la défensive. C’est la première fois qu’il met les pieds dans le cabinet d’un psychanalyste. Il ne voulait pas y aller – il n’en voyait pas l’utilité – mais ses parents ont insisté, la conseillère d’orientation a insisté, bref… il a cédé.
– Prenez place, je vous en prie.
Des rayonnages remplis de livres très sérieux, très épais, occupent les murs, quand ces derniers ne sont pas percés par des fenêtres. Mark hésite entre le fauteuil et le sofa, tous les deux recouverts de velours carmin.
– Je dois m’allonger, ou bien… ?
– Comme vous voulez.
Il opte pour le fauteuil. Le psy le regarde avec un petit sourire difficile à interpréter. Malicieux ? Bienveillant ? Moqueur ? Un brin parano, Mark opterait plutôt pour la troisième option.
– Vous ne prenez pas de notes ? demande-t-il en s’étonnant de l’absence de carnet, de stylo, dans les mains de son interlocuteur.
– Pas forcément. Détendez-vous… Vous êtes nerveux ?
– Pour être franc, je ne sais pas très bien ce que je fais ici.
Toujours ce petit sourire énigmatique, digne de la Joconde, qui commence à titiller les nerfs de Mark.
– Alors ? lance le psy.
– Alors quoi ?
– Si vous deviez définir votre état d’esprit du moment, comme ça, en une seconde, sans réfléchir. Que diriez-vous ?
– Gris.
– Gris ?
– Oui.
– Pourquoi ?
– Je ne sais pas. Vous m’avez demandé de répondre sans réfléchir.
L’adulte croise ses doigts, coudes posés sur le bureau.
– Maintenant vous pouvez. Réfléchir…
Mark s’accorde quelques instants.
– Ma vie est grise. Je redouble ma terminale. Je suis bien parti pour foirer mon bac une deuxième fois. Je ne sais pas ce que je vais faire après. Mes parents flippent… (Il hausse les épaules.) C’est banal, terriblement banal. Gris, quoi.
Hochement de tête du psy.
– Qu’est-ce qui vous intéresse dans la vie ?
– ?...
– Vous n’avez pas des centres d’intérêt, des passions ? Je ne sais pas moi… la musique, les films, le sport ?
– Le sport, c’est pas trop mon truc. Je suis moyen. Comme dans toutes les autres matières. Enfin, celles où je ne suis pas carrément mauvais je veux dire, style les maths, le français… Sinon, j’aime bien les films et la zic, comme tout le monde ; mais de là parler de passion… Centres d’intérêt ? Non, je ne sais pas.
– À quoi passez-vous votre temps libre ?
– WoW ! réplique Mark, du tac au tac.
– Comment ça « Woo » ?
– Vous ne connaissez pas Word of Warcraft ?
– Ah, oui, le jeu vidéo…
– C’est ça. Je déchire à Warcraft.
Le psy se met à prendre des notes. Levant le nez de sa feuille, il demande :
– Vous aimeriez que votre monde soit comme celui de Warshaft ?
– Warcraft, corrige Mark.
– Pardon. Vous aimeriez que votre monde, le monde réel, soit plus… intense ? Plus coloré ?
Le garçon hésite.
– Oui, je… je crois. Enfin, je suis pas un « no life ». Je sais faire la différence entre un steak de loup et une vraie entrecôte, si vous voyez ce que je veux dire…
A suivre...
06 juin 2009
Histoire de détendre l'atmosphère...
"Capitaine Flam" version Enrico Macias :
J'ai bien ri ; merci à Stef pour le lien...
04 juin 2009
Grand écart...
Avez-vous remarqué comme les choses s’équilibrent de manière amusante, parfois, dans la vie ?
Mardi matin, je reçois un courriel intitulé « Magistral ! » d’un lecteur enthousiasmé par « La brèche », qui me dit tout le bien qu’il pense du livre, me remercie du bon moment qu’il a passé, m’assure, enfin, de son envie de lire mes autres romans, etc.
Le soir même, je vais sur un forum d’écrivains débutants où une amie m’avait invité à musarder, et, après avoir cliqué sur quelques liens, je tombe sur (coup de cymbales, roulement de tambours) CECI :
http://zalifalcam.canalblog.com/archives/2008/12/23/11842323.html
Quel dommage que l’agressivité ne soit pas une énergie renouvelable ! (Je me retiens de mettre plusieurs points d’exclamation, vous noterez) Avec une critique pareille, on pourrait alimenter en électricité une ville comme Paris ou Lyon pendant deux ans, sans problème.
Un jour prochain, si j’ai le temps (désolé, j’ai encore quelques nanars à écrire), je répondrai à ces attaques (le mot ne me paraît pas trop fort), du moins à celles qui me semblent discutables car, l’auteur de ce long, très long (trop long ?) brûlot s’en étonnera peut-être, mais, avec quelques années de recul, je partage certaines de ses vues concernant les défauts du livre (exemple : le futur décrit de manière trop superficielle).
Alors, « La brèche » : « magistral » ou grosse bouse cosmique ? La vérité est sans doute… quelque part entre les deux ;-)
PS 1 : Une précision, quand même. Quand, dans la postface, je signale, sourire aux lèvres que « Saint Laurent Sur Mer ne fut pas le siège d’un combat digne de La guerre des mondes », je veux bien sûr dire qu’aucun robot géant style « tripode » n’a jamais arpenté cette riante bourgade normande en fracassant ses maisons façon Godzilla. C’est tout. Je ne prétends absolument pas que « La brèche » boxe dans la même catégorie que le chef-d’œuvre de Wells (soupir)…
PS 2 : J’aime beaucoup le passage : « J'avais un pote assez crétin qui s'appelait Christophe Lambert quand j'étais au primaire, aussi. A croire que c'est prédestiné, comme nom ». Waouh, la classe. La grande classe. Je connaissais le « délit de sale gueule » mais pas encore le « délit de sale nom ». Une piste à suivre, n’en doutons pas, pour élever le niveau des débats dans la critique littéraire !
PS 3 : Pour quelqu’un de relativement prompt à dénoncer la fatuité d’autrui, ce jeune homme semble bouffi d’une arrogance assez symptomatique du pouvoir (apparemment grisant) qu’offre le Net au premier gugusse venu (je pense à ces « snipers » à la langue bien pendue, « terreurs » en mal de reconnaissance qui écument les forums et chez qui le sarcasme est devenu un mode de communication à part entière).
28 mai 2009
Lu, vu, bu...
LU :
CE LIVRE VA VOUS SAUVER LA VIE, de A. M. Homes
Un riche quinquagénaire californien découvre, un matin, un trou dans son jardin, vivante matérialisation de la dépression qui semble le guetter. Tout en cherchant un sens à sa vie, notre héros va rencontrer un vendeur de donuts iranien, une « desperate » mère au foyer, un écrivain beatnik, une star qui pilote son propre hélico, un cheval, un chien… Accessoirement, il va essayer de renouer le dialogue avec son fils homosexuel.
Typiquement un récit pour lequel les recettes du « divertissement efficace » n’auraient aucun intérêt (je rebondis sur le débat de la semaine dernière, hé hé). C’est une chronique, une tranche de vie, drôle, tendre, touchante, décousue, imprévisible, une sorte d’ovni à la « Big Lebovski », des frères Coen. Le revers de la médaille, c’est que l’usage systématisé de l’insolite, du saugrenu, peut aussi faire « recette », « ficelle », à la longue. Un très bon moment de lecture néanmoins.
VU :
STAR TREK, de J. J. Abrahams
Le principe du « retour aux origines » ayant plutôt bien fonctionné pour les franchises « James Bond » et « Batman », les producteurs de Star Trek ont décidé de s’engager dans cette voie. Le point de départ est malin puisque nous sommes ici dans une « prequel » prenant la forme d’une pirouette uchronique. La création d’un univers alterné permet alors quelques variations sur des personnages oh combien iconiques et balisés. Bon, voilà, cela étant dit, ne vous attendez pas à des choses follement révolutionnaires. La réalisation est assez impersonnelle. Les gentils gagnent à la fin. Des planètes explosent (deux, au total) sans que cela ne nous émeuve beaucoup. La flotte confédérée semble composée exclusivement de « senior officers » et de jeunes stagiaires (les seconds prenant le commandement des vaisseaux dès que les premiers sont hors service). On passera sur les facilités scénaristiques du genre « Kirk atterrit en catastrophe sur un monde de glace où Spock était lui-même déjà exilé (l’univers est petit), planète abritant également le mécanicien Scotty (l’univers est vraiment très, très petit) »… Et malgré tout ça, on ne passe pas un (trop) mauvais moment. Pourquoi ? Mystère. Quelques embryons de pistes, néanmoins : les personnages existent ; il y a un côté « buddy-movie » plutôt sympa dans la relation Kirk/Spock, un ton décontracté, presque « comédie », assez rafraîchissant quand on songe à l’ambiance habituellement militaro-cul serré des STAR TREK… Un honnête blockbuster, donc, sans plus.
BU :
Deux bières Asaichi au OKY SUSHI, mon restaurant japonais préféré. Très bonnes ; merci.