Au pays de Lambert

26 avril 2012

Prochainement sur vos tables de chevet...

Berlin, 1942. La guerre s’enlise, et les Allemands commencent à sentir que l’issue ne sera pas victorieuse. Joseph Goebbels, ministre de la Propagande, cherche un moyen de remonter le moral de la population. Et quoi de plus joyeux que le jazz ? Mais, considérée comme une « musique dégénérée » ou « musique de nègres », elle est interdite par le régime. Le ministre ordonne donc que l’on crée un groupe de « musique de danse accentuée rythmiquement », un jazz qui valoriserait les thèses aryennes.

Le vieux pianiste Wilhelm Dussander est à la retraite depuis que les membres juifs de son groupe ont été arrêtés. S’il estime que la politique n’est pas l’affaire des musiciens, il n’a jamais aimé les nazis. Pourtant, lorsque Goebbels fait appel à lui pour monter le groupe qu’il appelle de ses vœux, Dussander n’a d’autre choix que d’accepter…

Un hommage à la musique. Un appel à la liberté.

Swing


 

 

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28 mars 2012

On achève bien les ados !

HUNGER GAMES, de Gary Ross

Hunger-Games-3-594x395Voilà un long-métrage qui valide une équation finalement assez simple : un bon livre bien adapté donne un bon film. Vous connaissez tous le pitch, à présent, à moins d’avoir passé les derniers mois dans une yourte en Mongolie : futur proche, dictature, télé-réalité, ados gladiateurs, etc. HUNGER GAMES est le dernier rejeton de la longue descendance issue du MOST DANGEROUS GAME / CHASSES DU COMTE ZAROFF (1924, quand même), lignée comprenant MARCHE OU CREVE (mon préféré), THE RUNNING MAN, ROLLERBALL, LE PRIX DU DANGER ou encore BATTLE ROYALE. Si les trois premières oeuvres (auxquelles on pourrait rajouter LA COURSE A LA MORT DE L’AN 2000) décrivaient des sociétés en crise réclamant « du pain (panem !) et des jeux », la dernière parlait plutôt de crise morale, la justification de la tuerie étant « nous allons mater une jeunesse insolente et rebelle » (je n’ai jamais trouvé ce point de départ crédible, personnellement). L’originalité de HUNGER GAMES est donc de miser à fond sur la carte de la dictature, avec son pouvoir centralisé et ses districts connexes. Le motif de l’arène apparaît ainsi dans la prémisse : chaque district est déjà une arène en soi, enceinte où on lutte pour sa survie avant même d’être « moissonné ». Le film démarre dans le district 12, celui de l’héroïne, filmé en longue focale, caméra à l’épaule. Univers instable, étouffant. Ce parti-pris de mise en scène rappelle, dans la forme, certaines séries de HBO et on est presque obligé de se pincer pour se rappeler qu’on est bien dans un blockbuster estampillé « ados ». La caméra se stabilise en toute logique lors des séquences se déroulant au Capitole, univers dont le kitsch assumé se justifie par la nécessité de créer une opposition stylistique entre les deux mondes (contrairement au 5ème ELEMENT, où le look « à la Jean-Paul Gaultier » constituait l’unique et navrant mètre étalon en matière de direction artistique). La scène du défilé est particulièrement réussie, à ce niveau là. Nouveau changement d’ambiance à la moitié du film (point de non-retour), lorsque les fameux jeux démarrent. Force est de constater que la violence n’est pas glorifiée : dès le premier affrontement, le montage ne s’attarde pas sur les morts et le sang, à peine visibles entre deux recadrages épileptiques. Parti-pris louable qui évite l’écueil du voyeurisme mais a également sa contrepartie : on n’est pas choqué, viscéralement, et donc, d’une certaine manière, on a moins peur pour la suite. On sait que ça va rester « soft » (pressentiment qui se confirme lorsque, quelques minutes plus tard, un personnage transpercé par une lance, meurt tout doucement, paisiblement, sans AUCUNE grimace de douleur !). Transmettre de l’intensité sans tomber dans le gore est très difficile. Spielberg a relevé le défi haut la main dans CHEVAL DE GUERRE. Ici, c’est moins évident. Le réalisateur Gary Ross semble plus à l’aise dans les scènes de poursuite (les boules de feu) ou de suspense (le nid de guêpes, les mines autour de la corne d’abondance...) que dans le corps à corps pur et dur. Les acteurs ? Jennifer Lawrence s'impose assez rapidement en Diane chasseresse Jr. Pas grand chose à dire sur les deux garçons. Il font le boulot correctement, tout comme les guest-stars (Kravitz et Harrelson). J’ai bien aimé le présentateur du show, même s’il ne fait pas oublier la géniale prestation de Michel Piccoli dans LE PRIX DU DANGER. Les apartés « hors arène » élargissent de manière intelligente la tapisserie initiale du livre et préparent la suite, car suite il y aura, n’en doutons pas (152 millions de dollars de recettes lors du premier week-end d’exploitation, gulps). Si vous avez aimé, j’en profite pour vous suggérer de lire, sur un sujet similaire, LE DOS AU MUR : j’en ai vendu à peu près 5000 fois moins qu’HUNGER GAMES, mais j’ai la faiblesse de croire qu’il n’est pas 5000 fois moins bon.

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Quant à mon actualité à moi qui est la mienne, TITANIC 2012 ressort ce mois-ci chez Gründ dans une version revue et corrigée, et VEGAS MYTHO ressort chez Pocket... dans une version identique au grand format mais moins chère, poche oblige. N’oublions PAPA, MAMAN, MON CLONE ET MOI, mini-soon paru en janvier, ainsi que les deux premiers tomes de la série RAHAN et le huitième de la série CARTOUCHE, chez Bayard. Prochaine sortie : SWING A BERLIN (toujours chez Bayard), en juin. J’ai vu la couv’ en avant-première ; elle est très chouette. Je vous parlerai des projets en cours une autre fois.

En prime, le montage du petit film « made in Britain » évoqué dans ces mêmes colonnes il y a, hum, quelques mois (oui, je sais, la mise à jour de ce blog est, comment dire... épisodique) :

http://www.youtube.com/watch?v=VhB6r8ttBxI&feature=youtu.be

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25 novembre 2011

COMING SOON

Si la zone Euro n'a pas sombré en mars prochain, vous pourrez acheter (chez Gründ) la nouvelle édition augmentée et révisée de mon "Titanic 2012" avec votre bel et bon argent.

Ci-dessous, l'illustration de couverture par le talentueux Pierrick Martinez :

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 James Cameron va ressortir son film en 3D. J'envisage une édition spéciale de mon roman en braille.

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09 novembre 2011

Et la vie va...

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Non, je ne suis pas (complètement) mytho. J'ai bien tourné, en Angleterre, cet été avec des ch'tites nenfants. La preuve en images, ici :

http://www.youtube.com/watch?v=tCkEyDukFSE&feature=share

Mon homonyme acteur s'étant mis à l'écriture, je fais une apparition dans le film. Juste retour des choses. Une grande carrière s'ouvre à moi, je crois.

 

Vus Tintin et The Artist. Dans les deux cas, pari réussi, AMHA.

Et surtout, lu "L'autre moitié de moi-même", d'Anne-Laure Bondoux, chez Bayard. Une bonne claque ! Comme quoi l'auto-fiction a du bon quand elle n'est pas trustée par Nicolas Rey ou Christine Angot. Nul nombrilisme ou impudeur, ici. L'exploration des fantômes intérieurs de l'auteure résonne de manière singulière en nous. C'est âpre, sincère, ça questionne, ça secoue... ça sort le 17 novembre. Vous savez ce qu'il vous reste à faire.

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14 septembre 2011

Message à caractère informatif

Je vous entends déjà : « C’est bien joli d’aller filmer des enfants en robes de sorcier en Angleterre mais… et l’écriture dans tout ça ? »

Ton angoisse est légitime, ami lecteur. Tentons, en cette rentrée par ailleurs riche en évènements annexes et somme toute secondaires (explosion d’un four nucléaire dans le Gard, etc.), un rapide survol du paysage littéraire lambertien :

Je viens de terminer la V1 d’un roman SF jeunesse intitulé « Young Pygmalion » que l’on pourrait qualifier de remake de « My fair Lady »… avec des boulons (d’ailleurs l’héroïne a les traits d’Audrey Hepburn). En gros, c’est l’histoire d’un petit génie qui fabrique l’androïde parfait(e) et tombe amoureux de sa création. Comédie romantique pur jus : aucune explosion, aucun fusil à plasma… Je deviens sentimental en vieillissant !

L’année prochaine sortira chez Syros « Papa, maman, mon clone et moi », dans la collection Mini-Soon. J’ai trouvé le titre en deux secondes et l’histoire… en six mois !

Sinon, beaucoup d’occupations en « tion » : novélisations (Cartouche, Rahan…), corrections (« Titanic 2012 », chez Gründ, en mars prochain)…

Je me replonge dans mon uchronie cubaine, qui était sur la touche depuis quelques mois. Titre de travail : « Aucun homme n’est une île ». Cette fois, il devrait bien y avoir quelques impacts de balles, corps carbonisés, etc. Le guérilléro communiste peut se montrer belliqueux quand on le chatouille. Chassez le naturel…

Je vous épargne les 36 liens concernant les critiques/chroniques estivales de « La fille de mes rêves ». Mon éditeur s’est chargé de faire un best of ici :

http://syros.fr/blogs/soon/2011/08/la-fille-de-mes-reves-christophe-lambert-sam-vansteen/

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Je viens d’attaquer « Drood », le dernier Dan Simmons ; ça démarre bien. Je vous recommande également « Générosité » de Richard Powers. Le sujet (l’aptitude au bonheur est-elle génétique ?) m’avait interpellé à la lecture de la 4ème de couv’. Pas le temps ni l’envie de me lancer dans une analyse plus ou moins pertinente du bouquin. Sachez juste que je n’ai pas été déçu.

 

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01 septembre 2011

Pottermania, last round...

JOUR 6

Londres.

Après nous être assurés a315523_10150270716708963_663863962_7770335_4881046_nuprès du personnel de l’hôtel et de quelques autochtones que les émeutes sont bien terminées, nous décidons de partir en expédition dans la capitale. Celle-ci se trouve à 45 minutes en train de Witham, la gare la plus proche. En effet, je ne me sens pas d’y aller en voiture. Une fois encore, Carina prend les choses en main : tickets + passe illimité à la journée, histoire de circuler en bus et métro tranquillement. Notre premier objectif sera, « Harry Potter tour » oblige, King’s Cross. L’endroit est en travaux, redécoré façon Christo, c'est-à-dire avec des bâches partout. Nous trouvons enfin la fausse plateforme 9-3/4, en fait un simple « corner » reconstitué à l’extérieur de la gare. Clic-clac, une photo, un plan rapide, et nous montons dans un bus (à deux étages, obligé), direction Regent Street. Je n’avais pas été à Londres depuis Noël 1984. Je ne me souviens pas de grand-chose, excepté qu’à l’époque « Do they know it’s Christmas ? », le premier tube Band Aid, passait tout le temps à la radio. Je me souviens également que je cherchais partout une VHS de « L’empire contre-attaque »… Bref, petite halte chez Hamleys, le plus grand magasin de jouets de la ville. Léo s’achète un Transformer, les Lambert une baguette magique (what else ?) et Carina, une peluche, sorte de ragondin aux grands yeux candides et à la queue bicolore.

Carina : Je vous présente Blip.

Les enfants : C’est quoi comme animal ?

Carina : C’est un blip…

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Pause déjeuner vers Picadilly puis nous marchons jusqu’à Trafalgar Square et la National Gallery (musée qui a l’avantage d’être gratuit). Carina, qui connaît bien le lieu, nous montre ses tableaux préférés. Bien que globalement lessivés, les enfants font preuve d’une louable curiosité, s’extasiant sur le rendu de tel ou tel tissu. L’endroit mériterait qu’on y passe l’après-midi entière mais notre planning est chargé. Direction Big Ben et l’abbaye de Westminster. J’improvise un plan avec les trois gamins, leur baguette dressée vers le ciel et les flèches de l’abbaye en contre-plongée… je ne sais pas ce que ça donnera.

 

 

 

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Nous sautons dans un bus qui nous amène au Tower Bridge. En passant devant la forteresse qui abrite les joyaux de la couronne, je ne peux m’empêcher de songer aux premières planches de « La marque jaune ». J’imagine Jacobs, en train de faire ses repérages avec son petit appareil photo… Tiens, il faudra que je relise cet album en rentrant. L’après-midi touche à sa fin et les petiots sont littéralement au bout du rouleau. Nous reprenons le train pour Witham…

 

 

 

JOUR 7 : Retour en France : ferry, puis autoroute… Se réhabituer à rouler à droite. La tension du voyage retombe. On écoute les BO « Love actually » ou « Water for elephants ». Les enfants regardent des films tant que la batterie de l’ordi tient le coup. C’est fini ; déjà. Cette semaine a passé vite, comme toutes les bonnes choses. On est un peu triste. C’était bien, l’Angleterre…

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23 août 2011

Pottermania, re-suite...

JOUR 4

Étape suivante : Oxrford. La ville est magnifique, à la hauteur de sa flatteuse réputation, et pleine de vénérables établissements scolaires. C’est justement dans l’une de ces institutions, le Christ Church College que nous avons choisi de nous rendre… tout comme quelques centaines d’autres touristes ! En effet, nous sommes samedi et il y a foule dans les rues. Dire que Tolkien et Lewis Carroll ont arpenté ces mêmes rues… Hugh Lawrie aussi, mais ça me touche un peu moins.

Nous commençons à faire la queue à l’entrée du collège. On piétine, ça s’éternise et les enfants ont un coup de mou.

Carina : C’est normal. C’est le quatrième jour du voyage. C’est toujours à ce moment là que la tension retombe. On apprend ça dans les colos.

309931_10150270705348963_663863962_7770204_948352_nNous en avons encore pour une heure de queue, au bas mot. Soudain, j’aperçois des gens qui doublent. Pris d’un doute, je vais à l’entrée : Poin poin poinnnn (musique que Casimir). Il y avait en fait deux files « big groups » et « small groups » et nous étions dans la mauvaise. Je fais signe à la miss et aux children, qui me rejoignent aussitôt. Nous décidons de nous faire passer pour une famille complète, astuce qui nous donnera droit au tarif réduit. Je prends ma voix de Dark Vador.

Christophe : Léo, je suis ton père, ok ?

Léo : Avec ta barbe, tu ferais plutôt mon grand-père.

La ruse fonctionne, en dépit de quelques poils gris (bon, d’accord, blancs !)…

La grande salle est « most impressive » et ressemble beaucoup à celle de Poudlard, le plafond magique en moins. Tasses et couverts sont encore sur les tables. J’ai du mal imaginer que des élèves mangent quotidiennement dans ce cadre incroyable ; ça tout de même une autre gueule que la cantine du lycée Francisque Sarcey, à Dourdan !

 

Pause déjeuner chez « Prêt à manger », chaîne de restaurants pas spécialement français comme son nom ne l’indique pas.

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L’après-midi, nous allons à laBodleian Library, lieu étonnant : 7 niveaux en sous-sol. Quand vous passez commande d’un livre, il faut en moyenne 24 heures pour le récupérer dans ce labyrinthe !

 L’une des salles du RDC a abrité « l’infirmerie de Poudlard ». Pas évident de tourner avec tous ces touristes. Les enfants enfilent leur costume pour un plan rapide à l’extérieur. Ils ont beaucoup de succès auprès d’un groupe de Japonais hilares.

 

 

 

 

Un PV pour stationnement illégal plus tard, nous reprenons la route. Notre nouvel hôtel, le Rivenhall, se trouve Route Rivenhall, à Rivenhall (au nord-est de Londres). Je suis fatigué, comme les enfants, et pressé d’arriver.

Christophe : C’est là, je tourne.

Carina : Non, Christophe, c’est la caserne de pompiers.

Christophe : Ah, ça y est ! Voilà l’hôtel !

Carina : Non, ça c’est une station service.

Je suis vraiment très fatigué. Piscine, puis repas du soir dans ce fameux Rivenhall. La nourriture est bonne, du moins meilleure que la programmation sonore qui passe en boucle un « best-of » slows des années 80, version flûte de Pan/Bontempi. On plaint le personnel de l’hôtel. Les enfants se lancent dans un concours de blagues sur les blondes. Léo en invente. Carina en trouve des inédites grâce à son téléphone magique.

JOUR 5

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À quarante miles au nord se trouve un charmant village du nom de Levenham. Maisonnettes « normandes » aux façades bombées, tordues : c’est bien le Godric’s Hollow des films ! Mais le plus marquant reste à venir : l’église du XVème siècle et son cimetière qui semble tout droit sorti d’une production de la Hammer.

 

 

 

 

 

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Nous tournons de nouvelles scènes dans ce fabuleux décor. Grosse, grosse « production value » ! Les enfants ont faim et font une fixette sur les lasagnes ! Ils en veulent, là, maintenant, tout de suite !

Carina : Vous savez, il y a peu de chances qu’on trouve des lasagnes, ici, au fin fond de l’Angleterre.

Christophe : Ouais, si on en trouve, je me fais archevêque de Canterburry.

Nous nous arrêtons au village suivant. Au menu du premier restaurant : Lasagna Verdi, Regular Lasagna, Vegetables Lasagna… Les enfants exultent !

Durant le trajet de retour, ils imaginent déjà à quoi ils vont jouer dans la piscine de l’hôtel.

Léo : On aura chacun un pouvoir.

Johanne : Oui, moi, j’aurai un avatar.

Lucie : Mais comment on saura si on s’adresse à toi ou à ton avatar ?

Johanne : C’est quoi cette question débile ?

S’en suit une demi-heure de dispute très compliquée. Léo compte les points. Le calme revient lorsque le trio infernal pique une tête dans l’eau. Je bouquine la correspondance d’Hemingway sur un transat pendant que Carina s’octroie une petite sieste. Ces journées sont bien crevantes, mine de rien.

Le soir, nous voulons aller au pub local, « The George » (prononcer « le Djordje »). Nous avons flashé sur le Djordje (et je souhaite y tourner un plan « Bièraubeurre ») ! Malheureusement, ils ne servent pas de repas le dimanche soir. Repli stratégique vers un hôtel tout proche qui fait également restau. Bonne pioche. Je filme ma scène avec une vieille cheminée en arrière-plan et nous mangeons. Puis… dodo !

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20 août 2011

Pottermania, suite...

L’Angleterre, donc. Je pars avec ma co-pilote et néanmoins amie, Carina R., son fils Léo (onze ans) et mes filles Johanne et Lucie (onze ans également). Notre mission ? Flâner dans la campagne profonde, une ou deux grandes villes, et filmer des plans pour une nouvelle bande-annonce « à la Harry Potter ».

JOUR 1

La traversée en ferry se passe sans accroc, ou presque (un coup de vent vicieux rabat une porte sur le bras de Johanne) et nous voilà sur le sol anglais, très vert, avec un ciel très gris, comme il se doit. Nous roulons jusqu’à Maidenbower, au sud-est de Londres, notre première étape. Notre méthode est infaillible, ou presque. Carina me guide avec à un i-pad puis nous affinons, dans les derniers kilomètres, grâce au téléphone de la miss. Carina a un téléphone magique, doté de multiples 228922_10150263737958963_663863962_7702397_3114611_nsupers pouvoirs : reconnaître une chanson qui passe à la radio, trouver un McDo et, surtout le GPS intégré ! Carina capte du réseau partout, même dans d’obscures forêts qui pourraient être peuplées par des Ents. Carina est un co-pilote hors-pair. Il y  a juste un truc qu’il faut savoir : quand elle est fatiguée, elle confond sa gauche et sa droite.

Carina : Tourne à gauche, non, je veux dire, à droite… Calcul en cours…

Nous voilà à l’hôtel. Les enfants se ruent sur dans la piscine pendant que les adultes profitent du triumvirat hamam-sauna-jaccuzi. Vient le moment de recharger nos appareils. Je sors fièrement mes adaptateurs achetés à la Fnac.

Carina : Christophe, ces prises sont françaises.

Christophe : Hein ?

Carina : Tu n’as pas regardé les broches ?

Christophe : Ben non. J’ai vu « travel Europe » sur la boîte ; j’ai cru que c’était bon.

Nous comprenons rapidement que, sans moyen de localisation électronique, on risque de retrouver dans quelques semaines nos corps desséchés au fin fond d’une route perdue dans les bois. Ce serait une grande perte pour les littératures de l’imaginaire françaises. Nous nous mettons en quête des fameux adaptateurs. Chou blanc dans un supermarché et une station-service. Nous cherchons ensuite le centre-ville de Maidenbower et de quoi manger. Le hic est que la ville et donc son centre n’existent pas. On aperçoit certes un bâtiment, voire un kebab miteux, mais rien de bien engageant. On tourne en rond pendant une heure. On se croirait dans une nouvelle d’Italo Calvino. 23 ronds points (à prendre dans le sens des aiguilles d’une montre, hein, attention !) plus tard, nous retrouvons l’hôtel où nous mangeons, affamés. Il nous faut vraiment ces f…ing adaptateurs pour la suite du voyage.

JOUR 2

Carina a une idée de génie (ça lui arrivera plusieurs fois durant le séjour) : faire un crochet par l’aéroport de Gatwick pour y trouver vous-savez-quoi ! On explique le SAM_0055détour aux enfants qui, eux, n’ont qu’une idée en tête : ALLER A LEGOLAND ! Carina déniche des adaptateurs. Carina est formidable. En route pour Legoland ! Les enfants se tapent un délire : « Plus on va se rapprocher, plus les arbres et les feuilles vont devenir des Lego. Et nous aussi on va devenir des Lego ! »…

Vous avez vu l’épisode où les Simpson vont à « Brick-land » ? C’est à peu près la même chose, avec en + une attraction non prévue au programme : « Tu perds ta caméra et tu la retrouves ½ heure plus tard à la Guest House ». En plus d’être doués pour la musique pop et les vieilles églises, les Anglais ont du sens civique !

Nous arrivons à Swindon, notre deuxième étape. Super hôtel. Pendant que les enfants matent un film du genre « Kung Fu Méchant » ou « Moi, moche et panda », les adultes vont boire un verre un bar. Ce sera désormais notre rituel.

JOUR 3

184178_10150263706718963_663863962_7701930_7707100_nNous voici à Lacock, très joli village où de nombreuses scènes de la saga Harry Potter ont été tournées. On imagine le Barnum : 30 camions et 200 techniciens dans ces petites rues « so typical », ça a dû être l’évènement du siècle pour les Lacokiens ! Notre équipe à nous est réduite au strict minimum. On se dirige vers l’abbaye et son magnifique cloître pour tourner quelques scènes. On en prend plein les mirettes, même si on n’est pas un fan de Harry Potter ! Il faut maintenant trouver un rôle à Léo.

Christophe : On dirait que tu serais un sorcier ninja.

Léo : Non.

Christophe : On dirait que tu as passé un an à Poudlard et que tu sers de guide-interprète aux filles !

Léo : C’est nul.

Carina trouve la solution : Léo sera le fils d’un spécialiste en baguettes magiques et il aidera les filles à trouver la baguette de sureau, la plus puissante du monde, etc. Carina joue un rôle dans le film : une sorcière qui porte une cape noire et un tee-shirt rose ! Cool…

285105_10150263713178963_663863962_7702073_5355218_nPour la plus grande joie de Léo, nous dégottons un Burger King puis, direction Gloucester. La ville est globalement moche, mais la cathédrale, mes aïeux… À côté, l’intérieur de l’Alhambra ressemble à de la pâte Playdo modelée par un malhabile garçonnet de six ans. Pas un centimètre carré qui ne soit pas finement ciselé ! Nous filmons quelques plans avant de bifurquer vers un parc avec de vieilles ruines où nous pouvons nous livrer à quelques cascades spectaculaires sans déranger personne.

Retour à Swindon, le soir, après une journée bien remplie…

À suivre…

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05 août 2011

SUPER 8, de JJ Abrams

super8-camera« Super 8 » est aux Spielbergeries des eighties ce que « Scream » était aux slasher movies de la décennie précédente, à savoir un « hommage » (à prononcer en anglais avec l’accent français). Bon, précisons que, dans les années 80, comme les héros du film, je tournais des histoires de zombies en super 8mm (merci papa pour ta caméra), avec pétards, ketchup, essayant de réquisitionner à chaque fois la plus belle fille de la classe dans un second rôle. Donc, je constitue, à la base, le public rêvé (CAD : « lecteur-de-Mad-Movies-bricoleur-de-monstres) » pour ce JJ Abrams.  Force est de reconnaître que, durant la première moitié du film, la nostalgie-camarade fonctionne à plein rendement. Les citations visuelles renvoyant à « Close encounters » et « ET » s’enchaînent (faisceaux de torches fouaillant la nuit, banlieue pavillonnaire + colline en amorce, enfant fracassant sa poupée sur une table, vélos en veux-tu en voilà, camions de l’armée avec le thème musical qui-va-bien…), le disciple respectant scrupuleusement les préceptes du maître, même si les postulats dramatiques du film de 1982 sont inversés : ici, la mère est la grande absente du noyau familial, et l’extra-terrestre est belliqueux (du moins, au premier abord).  Ajoutons à cela que les jeunes acteurs sont formidables, photogéniques sans être non plus des « fils de pub ». On n’avait pas vu une telle alchimie depuis « Stand by me ». La scène où la gamine transcende un dialogue de série Z pour créer un vrai moment d’émotion est tout simplement à tomber par terre, et l’on pense alors « Attention, nous sommes peut-être en présence d’un grand film et pas simplement du blockbuster de l’été ». Malheureusement, les choses se gâtent par la suite, et l'exercice de style tourne à vide. La faute à qui ? Un script assez convenu : des coupures d’électricité se succèdent (brrrr), des gens sont « abductés » (re-brrrrr, mais pas trop : on n’est même pas dans un « PG thirteen »)… Des ficelles un peu grosses (le prof de biologie des ados était un savant dissident mais apparemment le FBI lui a fichu la paix pendant 20 ans)… Admettons. Le hic est que, plus l'aspect SF prend le dessus sur l'aspect intimiste, moins le film devient intéressant (ce n'était pas le cas dans "E.T." !). Dans l'idéal, la passion des gamins pour le cinéma aurait dû être liée à la résolution de l'intrigue mais, en l'état, le film souffre d'une étrange dichotomie. Et tout ça pour quoi, au final ? L’E.T. est un faux méchant mais un vrai gentil incompris. Le jeune héros le gratifie d’ailleurs d'une psychothérapie express : « On a des coups durs dans la vie, mais il faut savoir aller de l’avant ». Éloge du « lâcher prise » (se reporter à Judith Godrèche dans « Psychologie magazine »  n°1234) ! Ce qui nous amène à la leçon suivante : quand vous avez un message à délivrer, évitez de le faire par les dialogues (la métaphore visuelle de la dernière scène est, à ce titre, plus convaincante). Il manque à tout cela ce que nous appellerons, faute de mieux, un point de vue (une vision ?), pour que le film se hisse à la hauteur de ses prestigieux prédécesseurs. Après tout, « Gremlins » ou « Back to the future » avaient prouvé en leur temps que des réalisateurs pouvaient véhiculer un univers personnel tout en étant cornaqués par le Maître. Ces réserves exprimées, il serait cependant dommage de bouder son plaisir, car plaisir il y a (comme ce retour hilarant du film super 8mm durant le générique de fin). Mais on ne peut s’empêcher de regretter l’absence d’un, disons, Joe Dante aux manettes. Les années 80 passées à la moulinette de ce dernier auraient sans doute été plus savoureuses (ici, le background n’est qu’effleuré). Idem pour le chapitre « ode à la cinéphilie naissante » : le projet était nettement plus abouti et cohérent dans le trop méconnu « Panique à Florida Beach » du même Dante (film qui jouait en outre admirablement sur son contexte de guerre froide à son paroxysme) ! Dans trente ans, un wonderboy aujourd’hui boutonneux nous expliquera sans doute à quel point c’était génial de tourner en numérique, avec After Effects, puis de poster son court-métrage sur Youtube (voir ci-dessous ;) ). La roue tourne…

 

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17 juin 2011

POTTERMANIA !

Voilà à quoi je m'amuse, le week-end, avec mes filles :

hp

 

Bande-annonce :

http://www.youtube.com/watch?v=aACsltwO_34

 

Bêtisier :

http://www.youtube.com/watch?v=5fLu6pfANNE&feature=related

Posté par lamb bear à 08:17 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]