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Il y a un an sortait sur nos écrans le long-métrage « John Carter », adapté du roman d’E. R. Burroughs « La princesse de Mars ». J’avais à l’époque trouvé le film fort sympathique... Cependant, à mes yeux, plusieurs points faibles l’empêchaient de basculer pour de bon dans la catégorie « enthousiasmant » :

-          Un couple de héros peu charismatiques semblant sortir des séries télé « Xéna la guerrière » ou « Hercule ».

-          Une introduction à tiroirs laborieuse (en particulier le prologue martien truffé de noms barbares).

-          Une impression globale de déjà vu, comme si on nous rejouait « Avatar » et « L’attaque des clones » dans les costumes de « Prince of Persia ».

-          Une sous-intrigue (avec des espèces de demi-dieux chauves) pour le moins confuse.

Ces défauts étaient certes gênants mais, même mis bout à bout, ils ne suffisaient pas à expliquer l’échec commercial cuisant de ce blockbuster à mon avis très supérieur à « Stargate », par exemple.

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Si vous désirez comprendre comment les choses ont mal tourné, je vous recommande vivement la lecture de « John Carter and the Gods of Hollywood », par Michael D. Sellers. L’auteur revient d’abord aux sources de l’histoire, c'est-à-dire le cycle martien de Burroughs. Il nous relate comment ces romans fondateurs ont influencé une bonne partie de la production SF du siècle dernier (d’où l’impression de déjà vu, Burroughs ayant été abondamment pillé par Lucas, Cameron, etc.) puis, dans un deuxième temps, il décortique les erreurs de marketing qui ont conduit cette production Disney au fiasco. La démonstration est à la fois fascinante et effrayante, comme si on assistait en direct au naufrage annoncé du Titanic. Dans les derniers chapitres, Sellers essaient de démontrer par A+B que d’éventuelles suites seraient viables économiquement. Utopie martienne s’il en est, car les dieux d’Hollywood sont cruels, et surtout pragmatiques : maintenant que Disney a mis le grappin sur « Star Wars » (franchise autrement plus « bankable »), les chances pour que de nouveaux « John Carter » se concrétisent dans le futur avoisinent celles de voir un jour un remake du « Trou noir » mis en chantier !

Pour ceux qui auraient boudé le space-opera d’Andrew Stanton à sa sortie, donnez-lui donc une seconde chance. Je l’ai revu deux fois et, chose rare, il fait partie de ces films qui gagnent en richesse à chaque nouveau visionnage. Le parfait équilibre entre action, humour (« Virginie !!! », le « chien » Woola…) et émotion, la partition tantôt épique, tantôt mélancolique, toujours grandiose, de Michael Giacchino mais aussi, et surtout, le parti-pris du romantisme qui se dégage de l’ensemble sont quelques uns des éléments qui expliquent pourquoi cette grosse production se bonifie en vieillissant !