De la fantasy française, oui môssieur, à lire cet été sur la plage, au bord de la piscine, où vous voulez :

IL ETAIT UNE FOIS DANS L’HÜLD, de Stéphane Tamaillon (chez Oslo)

 

huld

Ça commence comme une quête standard, avec un jeune prince qui doit aller dans la forêt subir une épreuve initiatique (et, accessoirement, venger la mort de son père) puis le récit bifurque vers la grande tradition « découverte de l’autre » (Avatar, Witness, Danse avec les loups, Le dernier samouraï, enemy mine...), découverte signifiant ici acceptation des différences, mort des préjugés, etc. Message de tolérance bateau, me direz-vous ? Peut-être. Il n’empêche qu’en ces temps de droitisation de la droite et autres joyeusetés, il n’est pas inutile d’enfoncer quelques portes déjà ouvertes, à fortiori quand on s’adresse aux jeunes. Semez, semez, il en restera toujours quelque chose... N’allez pas croire pour autant que ce roman est un pensum assommant : ça va vite, très vite (un peu trop même, parfois, et c’est le seul reproche que j’adresserais à l’auteur) et on en ressort échevelé et heureux.



L’HERITAGE DES DARCER, de Marie Caillet (Tome 1 chez Michel Lafon)

Couverture de L'Héritage des Darcer

Mydria est une jeune princesse qui mène une vie dorée dans l’attente d’une vie encore plus dorée, quand, un jour, un don hérité de ses ancêtres (les Darcer du titre, donc) s’éveille en elle et change son destin, la propulsant sur les routes d’Edrilion. Nous ajouterons, sans trop en dévoiler, que ce singulier pouvoir n’est pas sans rapport avec la couverture du roman. Le voyage sera comme il se doit riche en périls divers et variés, mais, heureusement, l’héroïne cache derrière sa juvénile blondeur (qui n’est pas sans rappeler celle de sa très – voir plus loin – jeune auteure) un caractère d’airain. Les personnages secondaires sont aussi bien campés que Mydria et leurs rapports avec cette dernière se tissent progressivement. Le rythme est plutôt lent, mais on se laisse porter sans mal par une très jolie écriture, élégante et maîtrisée, aspect d’autant plus étonnant que Marie Caillet n’avait pas dix huit ans quand elle a écrit ce texte !



EN CONCLUSION

À priori, « Il était une fois dans l’Hüld » sera parfait pour Kevin, douze ans, fan de Warcraft et Lanfeust. Quant à « L’héritage des Darcer », il enthousiasmera sans nul doute Solène, quinze ans, qui dessine des licornes dans les marges de ses cahiers de maths et connaît les dialogues de « Princess bride » par coeur. Mais vous pouvez aussi être pervers et offrir l’Hüld à Solène et les Darcer à Kevin ; le propre des bons livres est qu’ils provoquent (parfois) de bonnes surprises !