29 septembre 2008
COMMANDO : les scènes coupées
Ci-dessous, une scène extraite de la V1, centrée dur le personnage du demi-elfe, Cealendar. Dans cette première version, la faille de Cealendar était la même que celle de mon homonyme dans HIGHLANDER 1, à savoir qu'il ne peut pas tomber amoureux d'une simple mortelle à cause de sa longévité. Cette problématique débouchait plus tard sur une histoire d'amour avec une indigène, en pleine jungle, scènes coupées car trop "liquoreuses" au goût de mon éditrice (et elle avait raison !!!). En outre, la scène ci-dessous ressemble beaucoup à une autre de LA BRECHE, quand Gary Hendershot va se recueillir sur la tombe de sa femme avant de partir en mission. Parfois, je radote. Bref, pour toutes ces raisons, le passage qui vient est relégué au rang de bonus. Enjoy :
La pluie tombait avec une égale indifférence sur les stèles luxueuses, les caveaux décorés d’angelots et les tombeaux faits de planches.
Amos Cealendar marchait parmi les allées décaties, mains dans le dos. Un chapeau à larges bords protégeait sa tête de l’averse. Il s’immobilisa à l’extrémité d’une rangée de croix, les yeux baissés sur une sépulture sans prétention. Enleva son couvre-chef, mains croisées sur le devant, insoucieux de l’eau qui cascadait sur son front.
- Bonjour, toi, dit-il.
« Kate Cealendar, née Hudson, pouvait-on lire sur la tombe. 1856-1919. »
Vingt-trois ans.
Vingt trois ans déjà. C’était à la fois très long. Et très court. Des fois, il avait l’illusion qu’une journée pouvait durer un siècle. Mais, le plus souvent, c’était l’effet inverse : un an lui paraissait une semaine. Il se demandait si ce sentiment de désynchronisation permanent était une séquelle de son métissage. Comment les « sangs purs » percevaient-ils l’écoulement du temps ?
D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Amos Cealendar avait toujours était en décalage. Tout petit, les garçons de son âge, déroutés par sa délicate apparence androgyne, refusaient de jouer avec lui. Ensuite, pendant quinze ans, il avait eu le physique d’un adolescent à peine pubère. Son cerveau mûrissait plus vite que son corps, ce qui contribuait à renforcer son isolement. Solitaire par la force des choses, il avait trouvé refuge dans la lecture. Les romans, la poésie, étaient ses seuls amis. Shakespeare, Keats et Browning avaient illuminé ses jeunes années. Il aimait également la peinture, avec une nette prédilection pour les préraphaélites. « Je ne suis pas de ce siècle », annonçait-il d’ailleurs sur la première page de son journal intime, un carnet rempli par des kilomètres de poésie géorgique. Il se voyait comme un gentleman de l’époque victorienne. L’idéal de vitesse et d’efficience prôné par ses contemporains lui faisait horreur.
Et puis il avait rencontré Kate. La seule qui le comprit. La seule qui l’aima.
A présent, elle était morte.
« Depuis deux cents soixante seize mois ! », calcula-t-il mentalement.
Il avait vécu cette période dans un état second, comme un somnambule. Cette espèce de rêve éveillé lui donnait parfois le sentiment d’être plongé dans une salle obscure, spectateur – plutôt qu’acteur – de sa propre existence. Son double de celluloïd se mouvait au ralenti, alors que les autres personnages de ce long-métrage, simples mortels, se perdaient dans de frénétiques activités.
Elle l’avait quitté depuis huit mille deux cent quatre vingt jours ! Le plus interminable film de toute l’histoire du cinéma – un art qu’il avait vu naître, prospérer… et qu’il verrait aussi, très certainement, péricliter – !
« Un quart de ma vie », songea le demi-elfe.
Il allait sur ses quatre vingt onze printemps, et pouvait raisonnablement espérer vivre encore deux fois plus longtemps.
« Merci maman… »
Un cadeau empoisonné, car son monde à lui, c‘était celui des humains, ces créatures si fragiles, marionnettes un rien pathétiques qui s’agitaient follement en attendant que la grande faucheuse vienne les cueillir. « Trois petits tours et puis s’en vont », disait la comptine. C’était bien vrai. Et même après la mort, l’injustice continuait. Contrairement aux hommes, les cadavres elfiques ne subissaient pas les outrages du temps. Par un curieux caprice de la nature, le pourrissement des chairs était épargné à ces chanceux Endymion. Le plus humble des Elfes, une fois trépassé, avait encore meilleure allure que le plus puissant pharaon allongé dans son sarcophage.
« Et moi, de quoi aurais-je l’air, après dix ou vingt ans passé sous terre ? »
Existait-il pour les métis un état de « demi-putréfaction » permanent ?
Cealendar posa un genou dans la boue et caressa du doigt la photo sépia qui, protégée par un ovale de verre, était enchâssée dans la pierre. Sur le portrait, la jeune femme avait trente ans pour l’éternité. Ses cheveux ondulés, ramenés en arrière, dégageaient son grand front pur. Elle souriait. Cealendar lui rendit son sourire, comme si elle se tenait là, devant lui.
Quand on vit deux cens ans, on est condamné à perdre les êtres qu’on aime, d’une façon ou d’une autre : soit ils vous quittent, soit ils meurent. C’est aussi simple que ça. Dans une certaine mesure, le demi-elfe aurait préféré que Kate le quittât. Au lieu de quoi elle était morte, dans ses bras, terrassée par l’épidémie de grippe qui avait ravagé le continent juste après la Première Guerre Mondiale.
« Depuis vingt sept mille sept cent vingt heures … »
Gagné par une émotion grandissante, Cealendar se mordit la lèvre inférieure.
- Je vais partir, annonça-t-il, ses mains tortillant nerveusement son chapeau. Pour un pays lointain…
Bien sûr, elle ne répliqua pas. Mais, quelque part, l’intensité de son regard à jamais figé lui procura une réponse suffisante. Le métis hocha la tête et se releva, essuyant son visage lavé par la pluie et ses premières larmes.
Il avait soif, tout à coup.
27 septembre 2008
L'or et la boue
L'OR ET LA BOUE est ressorti avec une nouvelle couverture. Si vous ne l'avez pas lu, ou si vous avez l'âme d'un "collector", n'hésitez pas ;-)
25 septembre 2008
Triplé
Et de trois ! Décidément, Luc Besson semble abonné aux Christophe Lambert... Après avoir fait jouer Tarzan dans SUBWAY ; après avoir publié votre serviteur (LE DOS AU MUR, toujours en vente, je le rappelle ;-), le voilà qui s'associe avec mon homonyme publicitaire pour fonder une agence d' "advertainement" (yé pas tou compris) (http://www.lefigaro.fr/medias/2008/09/17/04002-20080917ARTFIG00328-luc-besson-et-christophe-lambert-s-associent-.php) !
Si l'on en croit Wikipédia, il lui reste encore à faire affaire avec Christophe Lambert, footballeur au FC Lucerne, et Christophe Lambert, champion de France de billard anglais...
24 septembre 2008
Critique "commando"
Une chronique qui met en avant le personnage de Cealendar, le demi-elfe (le choix de l'extrait est un peu bizarre, mais bon...), au :
http://www.onirik.net/spip.php?article6054
23 septembre 2008
critiques
Deux avis sur LA BRECHE :
http://eg.forum.free.fr/viewtopic.php?p=939&sid=cff1379796b4554812f206205d4b4f9a
http://www.bibliosurf.com/La-breche,2873
22 septembre 2008
critiques
Un avis positif et très détaillé sur le Commando, au :
http://www.efiction.fr/Blog/?p=67
J'essaie de répondre, en vrac, à "EL JC" : Un rôle stratégique plus important pour les Elfes ? Je ne sais pas. Je voulais vraiment me concentrer sur une mission en particulier, avec des effectifs réduits, sans chercher à avoir une "vue d'ensemble". L'évolution des relations Elfes/humains au cours de cette mission est le coeur du livre et m'intéressait plus que l'évolution "globale" du conflit. Pas assez d'échanges/Tolkien+Elfes : oui, ça semble revenir souvent, comme critique, c'est donc qu'il y a un pb à ce niveau là. Mais comme je voulais garder les Elfes distants, inaccessibles, durant la majeure partie du livre... Pas facile de doser. La longueur ? Le Commando est plus long que mes deux précédents, en fait. Mais comme j'ai opté pour des chapitres LONGS, ça donne un nombre de pages plus court (moins de "sauts de page"). En effet, j'étais un peu énervé par cette tendance actuelle qui consiste à grossir artificiellement des bouquins en écrivant des chapitres de deux ou trois pages (n'est ce pas, Maxime C. ? ;-) pour les vendre plus cher... Mais le fait est que j'aime les romans rapides, secs, nerveux et sans gras (une déformation "jeunesse", peut-être ?).
Un autre point de vue, plus lapidaire, chez KHIMAIRA, au :
http://www.khimaira-magazine.com/khimaira_web/chroniques/dsp_litterature.htm?ID=10415
20 septembre 2008
Entretien
Une interview de votre serviteur est disponible sur le site ELBAKIN, au :
http://www.elbakin.net/fantasy/news/Un-entretien-avec-Christophe-Lambert
Canal Cholet
J'étais jeudi à Cholet, pour le lancement du prix jeunesse 2009, invité avec quatre autres auteurs à défendre NOTRE livre (puisqu'il s'agit de VILLAGE AUX SEPT CERCUEILS co-écrit avec Michaël Espinosa) devant professeurs et documentalistes... Et l'évènement est déjà disponible sur "Canal Cholet.com", à l'adresse suivante (dingue, non ?):
http://www.canalcholet.com/20080918425/Articles/Culture/Prix-Litterature-Jeunesse-2009.html
Le type en noir, au milieu de la brochette d'auteurs, qui a l'air mal à l'aise et qui ne sait visiblement pas quoi faire de ses mains, c'est moi !
19 septembre 2008
critiques
Une excellente critique du DOS AU MUR, au :
http://www.plume-libre.com/index.php?option=com_content&task=view&id=564&Itemid=84
Et une nettement moins bonne du COMMANDO, au :
http://www.actusf.com/spip/article-6301.html
Tolkien en "anti-héros" pas du tout moteur : c'est fait exprès. J'aime bien casser les règles, parfois. le problème étant que, ce que l'on gagne en "originalité", on le perd en "efficacité". Je voulais un héros qui résiste à "l'appel de l'aventure" le plus longtemps possible... D'où ce décalage déploré par Jérôme Vincent.
Pour le manque de dialogue Tolkien/Elfes... Problème de dosage ou de timing, peut-être, je ne sais pas trop. Il fallait que les Elfes gardent leur aura et leur mystère durant la majeure partie du livre. Mais, une fois qu'ils se sont rapprochés des humains, on est plongé dans mon remake de la Moria et les persos n'ont plus trop le temps ni le loisir de converser...
17 septembre 2008
Critique
Une critique enthousiaste sur SCI-FI UNIVERSE :
http://www.scifi-universe.com/critiques_staff.asp?media_id=19368&muz_id=45
Chouette, la journée commence bien :-)
